@book {422,
	title = {Le temps et l{\textquoteright}autre},
	year = {1983},
	pages = {91},
	publisher = {Presses Universitaires de France},
	organization = {Presses Universitaires de France},
	edition = {Quadriges},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Le temps et l\&rsquo;autre r{\'e}unit quatre conf{\'e}rences prononc{\'e}es par Emmanuel Levinas au Coll{\`e}ge Philosophique de Jean Wahl {\`a} Paris, conf{\'e}rences dans lesquelles il {\'e}labore certaines notions d{\'e}j{\`a} abord{\'e}es dans De l\&rsquo;existence {\`a} l\&rsquo;existant1, r{\'e}dig{\'e} pour l\&rsquo;essentiel en captivit{\'e} au stalag.</div><div>\&nbsp;</div><div>Toute la critique de Levinas consiste {\`a} montrer \&laquo;que le temps n\&rsquo;est pas le fait d\&rsquo;un sujet expos{\'e} seul, mais qu\&rsquo;il est la relation m{\^e}me avec autrui\&raquo; (p. 17). En approfondissant la notion de solitude, l\&rsquo;auteur la propose comme libert{\'e} premi{\`e}re de l\&rsquo;homme \&mdash;l\&rsquo;espace o{\`u} je dis je\&mdash; d{\'e}couvrant ainsi, en tant qu\&rsquo;existant, sa ma{\^\i}trise sur l\&rsquo;exister. Cependant, l\&rsquo;homme qui contr{\^o}le son exister, son pr{\'e}sent, s\&rsquo;encha{\^\i}ne {\`a} lui-m{\^e}me, s\&rsquo;encombrant de son soi. Pour surmonter ce poids, il doit ou bien sortir de lui extatiquement, ou bien s\&rsquo;oublier : c\&rsquo;est l{\`a} la morale premi{\`e}re, celle des \&laquo;nourritures terrestres\&raquo; (p. 46). Cela ne le fait pas sortir pour autant de sa solitude, ni {\`a} plus forte raison de sa souffrance. Mais pr{\'e}cis{\'e}ment en ce qu\&rsquo;elle rapproche de la mort, la souffrance s\&rsquo;ouvre sur l\&rsquo;Autre dans une relation de myst{\`e}re, dans un avenir insaisissable. Consid{\'e}rant de ce point de vue le rapport de l\&rsquo;{\'e}tant avec la pure alt{\'e}rit{\'e}, Levinas pose alors la question fondamentale de ses conf{\'e}rences : \&laquo;L\&rsquo;{\'e}tant peut-il entrer en relation avec l\&rsquo;autre sans laisser {\'e}craser par l\&rsquo;autre son soi-m{\^e}me ?\&raquo; (p. 65).</div><div>\&nbsp;</div><div>Dans la pens{\'e}e de Levinas, eros et filiation, au m{\^e}me titre que la mort, se caract{\'e}risent fondamentalement par l\&rsquo;absence de pouvoir. En derni{\`e}re analyse, c\&rsquo;est donc notre impuissance {\`a} poss{\'e}der et {\`a} comprendre l\&rsquo;autre  dans l\&rsquo;amour notamment  qui \&laquo;constitue pr{\'e}cis{\'e}ment la positivit{\'e} de la relation ; cette absence de l\&rsquo;autre est pr{\'e}cis{\'e}ment sa pr{\'e}sence comme autre\&raquo; (p. 89).</div><div>\&nbsp;</div><div>1Emmanuel Levinas, De l\&rsquo;existence {\`a} l\&rsquo;existant. Paris : Librairie philosophique J.Vrin, seconde {\'e}dition augment{\'e}e, 1981, 174 p.</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>La th{\`e}se centrale des conf{\'e}rences de Levinas r{\'e}unies dans Le temps et l\&rsquo;autre (1948) d{\'e}veloppe l\&rsquo;id{\'e}e que le temps, puisqu\&rsquo;il ne se laisse pas assimiler par l\&rsquo;exp{\'e}rience (l\&rsquo;avenir, par exemple, nous {\'e}chappe), rel{\`e}ve enti{\`e}rement de l\&rsquo;alt{\'e}rit{\'e}, comme la mort. Notre rapport au temps ne prend donc pas la forme d\&rsquo;une communion mais d\&rsquo;un face-{\`a}-face, comme notre relation {\`a} l\&rsquo;autre.</div><div>Chez Levinas, la solitude est comprise comme souverainet{\'e} au fondement de l\&rsquo;{\^e}tre et de l\&rsquo;identit{\'e}. Elle appara{\^\i}t comme un principe d\&rsquo;individuation, une traction de l\&rsquo;existence. On ne peut lui {\'e}chapper : elle constitue notre ma{\^\i}trise, notre responsabilit{\'e}, notre libert{\'e}, notre pr{\'e}sent. Au d{\'e}part, l\&rsquo;exister n\&rsquo;existe pas par lui-m{\^e}me, il est comme laiss{\'e} {\`a} l\&rsquo;abandon, n\&rsquo;a pas lieu. Cet exister sans existant, appel{\'e} il y a, dans la th{\'e}orie de Levinas, est \&laquo;l\&rsquo;endroit o{\`u} se produira l\&rsquo;hypostase\&raquo; (p. 28). Et l\&rsquo;hypostase, explique-t-il, consiste en un point de rupture, une d{\'e}chirure que le pr{\'e}sent op{\`e}re dans l\&rsquo;espace illimit{\'e} de l\&rsquo;exister. Sur l\&rsquo;il y a, elle est comme un bruissement de silence, une force impersonnelle, anonyme. Se d{\'e}tache donc {\`a} ce point un exister irr{\'e}m{\'e}diable, et avec lui un pr{\'e}sent qui ne vient de rien.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Mais {\`a} partir du moment o{\`u} l\&rsquo;existant existe se pose in{\'e}vitablement la question de l\&rsquo;identit{\'e} du sujet encha{\^\i}n{\'e}, entrav{\'e} dans sa libert{\'e} par sa responsabilit{\'e} envers lui-m{\^e}me, liant irr{\'e}missiblement le moi et le soi. Levinas appr{\'e}hende en fait le temps comme un au-del{\`a} de l\&rsquo;{\^e}tre en relation avec l\&rsquo;alt{\'e}rit{\'e} dans sa solitude et son unicit{\'e}. La solitude, c\&rsquo;est pr{\'e}cis{\'e}ment la ma{\^\i}trise de l\&rsquo;{\^e}tre sur l\&rsquo;{\'e}tant, un myst{\`e}re qui place le sujet devant l\&rsquo;insaisissable, l\&rsquo;am{\`e}ne aux prises avec lui. Le myst{\`e}re chez Levinas d{\'e}signe tout ce qui n\&rsquo;est pas moi-m{\^e}me : l\&rsquo;autre, l\&rsquo;avenir, la mort. \&laquo;L\&rsquo;avenir, c\&rsquo;est l\&rsquo;autre\&raquo; (p. 64), et c\&rsquo;est dans le sens de cette {\'e}chapp{\'e}e qu\&rsquo;il faut comprendre le titre de l\&rsquo;ouvrage : l\&rsquo;autre, irr{\'e}ductiblement et in{\'e}vitablement, est \&laquo;ce que moi je ne suis pas\&raquo; (p. 75). Mais la tension dialectique de cet {\'e}cart souligne {\`a} son tour cet autre enjeu : dans quelle mesure le soi peut-il entrer en relation avec l\&rsquo;autre sans cesser d\&rsquo;{\^e}tre lui-m{\^e}me ?</div><div>\&nbsp;</div><div>Levinas revient alors {\`a} la question de la solitude et souligne que c\&rsquo;est dans la souffrance que s\&rsquo;exprime le plus {\^a}prement l\&rsquo;unicit{\'e} de l\&rsquo;{\^e}tre. Impossible en effet de se soustraire {\`a} la souffrance, qui est essentiellement une \&laquo;impossibilit{\'e} du n{\'e}ant\&raquo; (p. 56) assujettie au myst{\`e}re de la mort. En tant qu\&rsquo;{\'e}v{\'e}nement qui d{\'e}partit le sujet de tout pouvoir, toute ma{\^\i}trise sur lui-m{\^e}me, la mort ne s\&rsquo;inscrit donc dans aucun maintenant, elle est insaisissable, et force la passivit{\'e} du sujet. En cet instant o{\`u} \&laquo;nous ne pouvons plus pouvoir\&raquo; (p. 62), elle arrive, elle est l{\`a}. Et nous voil{\`a} soudain devant l\&rsquo;alt{\'e}rit{\'e} la plus radicale : la mort s{\'e}pare l\&rsquo;exister de l\&rsquo;existant, cr{\'e}e bel et bien avec l\&rsquo;autre une relation de myst{\`e}re.</div><div>\&nbsp;</div><div>Levinas propose alors, {\`a} partir de l\&rsquo;eros, une vision suivant laquelle le moi pourrait, sans se perdre, entrer en relation avec l\&rsquo;autre, apparent{\'e} ici au f{\'e}minin. Dans l\&rsquo;eros, il y a pur contact avec l\&rsquo;alt{\'e}rit{\'e}, le myst{\`e}re, sans que le je ne disparaisse. Ce qui rend ici la figure du f{\'e}minin si significative, c\&rsquo;est qu\&rsquo;elle renvoie {\`a} l\&rsquo;impossibilit{\'e} de poss{\'e}der l\&rsquo;autre, de le saisir. La probl{\'e}matisation de ce rapport permet ensuite d\&rsquo;introduire le concept de paternit{\'e} par lequel l\&rsquo;auteur sugg{\`e}re que le soi peut s\&rsquo;absorber dans le toi sans s\&rsquo;annihiler. Autrement dit, le p{\`e}re serait en quelque sorte son fils, sans pour autant s\&rsquo;encombrer de son identit{\'e} (la mat{\'e}rialit{\'e} du soi ne serait donc pas sans r{\'e}mission, la paternit{\'e} permettant une sorte de retour du moi {\`a} soi sans l\&rsquo;ancrage et l\&rsquo;autorit{\'e} de l\&rsquo;hypostase).</div><div>\&nbsp;</div><div>Levinas soutiendra pour conclure que la relation {\`a} la mort, au f{\'e}minin, au fils, ne peut {\^e}tre envisag{\'e}e dans un rapport de pouvoir, car la libert{\'e} de l\&rsquo;autre demeure {\'e}trang{\`e}re au sujet. Il ne s\&rsquo;agirait donc pas pour lui de tromper sa solitude dans l\&rsquo;esp{\'e}rance d\&rsquo;une quelconque fusion, mais plut{\^o}t d\&rsquo;accepter le principe d\&rsquo;un \&laquo;face-{\`a}-face sans interm{\'e}diaire\&raquo; (p. 89) avec ce qui ne peut que lui {\'e}chapper.</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Emmanuel Levinas}
}
